Ville de La Tronche

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Vœux à la population

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> évènement

Voeux aux habitants de La Tronche 13 janvier 2020
Monsieur le député, Madame la conseillère régionale, madame la vice-présidente de
Grenoble-Alpes Métropole, Monsieur le maire du Sappey-en-Chartreuse, Monsieur le
maire-adjoint de Meylan, mesdames et messieurs les élus de La Tronche et d’autres
communes ; mesdames et messieurs les responsables d’associations, d’entreprise,
d’établissements, mesdames et messieurs, chers amis…
Je remercie tout d’abord les agents de la commune pour l’organisation de cette soirée. Je
remercie ensuite Patrice Bon pour son introduction musicale et l’Association musicale de
La Tronche dans laquelle il intervient et qui contribue à la vie culturelle et associative de
notre commune.
2020. Eh bien, nous y voilà. Déjà. 2020 marque la fin du mandat que nous ont donné les
citoyennes et les citoyens en 2014 pour gérer la commune.
Comme vous le savez, je dois être prudent dans mon propos, et ne parler ni de bilan, ni de
programme, en cette période pré-électorale. Et je serai donc plus bref que les années
précédentes. Ce rendez-vous n’a pas pour seule vocation d’écouter les voeux du maire, mais
c’est d’abord un moment de rencontres et d’échanges. Pas de bilan ni de programme, mais
cependant, comme les années précédentes, je vais vous raconter des histoires. Des histoires
de rencontres. Ces rencontres, souvent inattendues, qui sont le fondement et le plaisir de
la vie en société, et dont l’absence pèse tant pour ceux qui sont seuls.
La première rencontre dont je veux vous parler est celle de deux pensionnaires de
l’Établissement pour personnes âgées dépendantes Ma Maison. Deux personnes qui sont
venus à la Mairie, au début du mois de mai dernier, l’une aidant l’autre à déambuler, l’autre
aidant l’une à s’expliquer. Ces deux personnes ont un projet de création d’entreprise de
soins et elles cherchent un local. Aux dernière nouvelles, le projet suit toujours son cours,
lentement mais sûrement. Il n’y a pas d’âge pour avoir des projets et pour se rendre utile.
Il n’y a pas d’âge pour se résigner, il n’y a pas d’âge pour perdre l’envie de faire, la joie de
vivre et l’enthousiasme. Enthousiasme, c’est d’ailleurs le mot employé mercredi dernier par
Soeur Cécilia, lors de ma visite à Ma Maison pour partager la galette des Rois.
La seconde rencontre a eu lieu à la fin du mois de mai, sur le chemin de la Procession, qui
descend de la Bastille vers la mairie. Nos chemins du Mont Rachais, nos chemins de La
Tronche sont un peu magiques. Ils permettent, à peu de frais, à peu de consommation
d’énergie fossile, de prendre un peu de distance, un peu de hauteur de vue, ils permettent
d’envisager, ou de dévisager, autrement que lorsqu’on est en bas, d’envisager ou de
dévisager la commune et la commune dans la métropole, et leur écrin de montagnes. Nos
chemins permettent de se sentir partie prenante d’un paysage. Vivre de paysage, selon le
titre du livre du philosophe François Jullien. Nous avons cette chance.
Le début du chemin de la Procession, vous le connaissez, le début du chemin est bien allant.
La fin est raide, pierreuse et difficultueuse d’ornières et de fondrières. Magie des lieux :
point n’est besoin d’aller loin pour trouver l’aventure et rencontrer l’autre.
Il y a sur le chemin de la Procession, cette fourche où le promeneur hésitant ne sait s’il faut
descendre tout de suite cette partie très raide, ou continuer encore à flanc de montagne.
Nous avons rencontré là une jeune femme, volontaire, déterminée, rieuse. Elle était avec sa
fille de six ans, atteinte d’une maladie rare, et couchée dans une poussette aménagée pour
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elle. Par où passer ? nous demande-t-elle. Bien étonné de la trouver là, je lui conseille la
descente raide, car le chemin de la Procession est fermé à son extrémité qui débouche au
chemin de la Pinotte. Alors nous aidons cette jeune femme à franchir les ornières, les
fondrières et les tapis de cailloux qui roulent sous les pas.
Non elle ne s’interdit rien, non le handicap de sa fille n’est pas un obstacle. Oui, elle est seule.
Non elle n’est jamais seule, non la vie n’est pas difficile, oui elle s’en sort toujours, oui. Elle
porte en elle une joie sereine pour affronter la vie, pour profiter de la vie telle qu’elle lui est
donnée. Je l’ai guidée jusqu’au chemin de la Ruine, impressionné par sa simplicité et sa
bonne humeur, et son enthousiasme malgré l’adversité. Nos chemins se sont séparés
devant la Mairie.
Je veux vous parler d’une troisième rencontre. Il s’agit d’un nouvel habitant de La Tronche,
qui demeure tout près d’ici, dans le nouvel immeuble en face de la mairie. Demeure n’est
pas le terme à employer pour Samuel Marie. Car Samuel Marie est un aventurier qui ne
reste jamais longtemps immobile. Je l’aurais bien invité aujourd’hui, mais il est parti en
Amérique du sud pour un an, avec une incursion projetée en Antarctique. Vous pouvez
suivre son périple sur le site internet intitulé : Sam fait rouler.
Il est en ce moment en Argentine, et il roule plein sud. J’ai reçu Samuel Marie la veille de
son départ. Je l’ai reçu au rez-de-chaussée de la mairie, car il est tétraplégique, car il est en
fauteuil roulant. Tétraplégique, mais enthousiaste, volontaire, heureux de vivre. Il a raconté
son histoire dans ce livre : Avance, bordel !
Ces rencontres, et d’autres au cours de l’année, montrent qu’il y a autour de nous des
personnes qui sont dans la difficulté, difficulté réelle, difficulté apparente, mais qui
prennent la vie du bon côté, qui agissent, qui ne se plaignent pas, qui soulèvent des
montagnes, ou qui traversent des montagnes.
Les grecs anciens nous ont transmis ce mot que j’ai utilisé pour vous raconter ces
rencontres : enthousiasme. Vous savez que j’aime les mots et c’est un plaisir de découvrir
ce que parfois ils recèlent en eux, comme un trésor caché. Dans enthousiasme, il y a la
racine grecque thou ou théo. C’est bien un mot de la Grèce antique, ce n’est pas un mot du
grec évangélique. L’enthousiasme, c’est le divin qui peut agir en chacune et chacun. Le divin
de l’aube de l’humanité, le divin des grecques anciens, le divin des philosophes, ou le divin
des croyants. Enthousiasme. Enthousiasme que je vous propose comme viatique pour vos
itinéraires.
Alors, si d’aventure, au cours de cette année 2020 qui commence, si d’aventure vous vous
trouvez dans l’adversité personnelle ou familiale, dans l’adversité du chômage ou de la
précarité, dans l’adversité de la maladie, du mal logement, ou de l’exil, alors, je vous
souhaite de trouver en vous de l’enthousiasme, cette étincelle d’enthousiasme, cette
étincelle de l’ordre du divin, qui fait agir et qui fait traverser les montagnes, même dans la
dépendance, même avec un enfant malade, même en fauteuil roulant. Et pour cette année
2020, dans l’adversité collective du climat social, dans l’adversité collective des tensions
internationales, dans l’adversité collective des risques terroristes, dont nous gardons la
mémoire si vive et si douloureuse, dans l’adversité collective de l’urgence climatique, je
souhaite que chacune et chacun trouve de l’enthousiasme, de l’enthousiasme pour agir
ensemble et pour trouver des solutions et des compromis, je souhaite que chacune et
chacun trouve de la sérénité et de la confiance pour traverser les montagnes ensemble.
Bertrand Spindler, Maire

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